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Descriptif de la Randonnée
Le Creisset, le Haut et bas Villard par la chapelle Saint-Etienne
Itinéraire routier
D’Aix-en-Provence, prendre A51 jusqu’à sortie 20, Les Mées. 1er rond-point, prendre la 4ème sortie sur D4a (La Sève) et continuer sur 450 mètres. Passer les Mées et continuer sur D4 en direction de Malijai. 2em rond-point, prendre la 2ème sortie sur D4 et continuer sur 1,4 kilomètre. 3ème rond-point , prendre la 2ème sortie sur N85 et continuer sur 6,8 kilomètres. Passer Mallemoisson, Sortir et rejoindre D17, direction Châteauredon. A Châteauredon, Tourner à droite sur N85 et continuer sur 8 kilomètres, jusqu’à un chemin à droite qui traverse la voie ferrée. Continuer sur 50 m jusqu’au parking de la passerelle de Creisset qui enjambe la rivière l’ASSE.
La passerelle de Creisset
La passerelle de Creisset
Avant que la passerelle piétonne moderne ne soit installée, le franchissement de l’Asse se faisait par un pont en pierre et en maçonnerie. Les écrits géologiques et historiques de la fin du XIXe siècle le décrivaient comme un pont « ancien et pittoresque ». Il possédait une architecture typique des ponts de montagne de la région, solide mais soumise aux humeurs de la rivière. Ce pont de pierre était vital. C’est de là que partait le sentier muletier d’accès principal au village perché. Ce chemin escarpé en lacets serrés permettait aux habitants de Creisset (qui étaient principalement tisseurs, cardeurs ou agriculteurs) de descendre leurs productions vers la vallée et la route principale, notamment : Leurs cultures de céréales et de fruits. Les célèbres lentilles de Creisset, qui étaient particulièrement réputées dans la région pour leur qualité.
Sa destruction par les crues de l’Asse
Si ce vieux pont en pierre a disparu, c’est en raison de la nature même de la rivière qu’il enjambait. L’Asse est un cours d’eau torrentiel méditerranéen particulièrement redoutable. Ses crues (souvent liées à des épisodes d’orages cévenols ou méditerranéens d’automne) se caractérisent par des montées des eaux d’une violence extrême et des charriages de sédiments massifs. Comme beaucoup d’ouvrages maçonnés anciens de cette vallée, le vieux pont de Creisset a fini par être emporté ou gravement fragilisé par l’une de ces crues majeures. Plutôt que de reconstruire un lourd pont en pierre (le village ayant été définitivement abandonné par ses derniers habitants en 1922), les autorités ont opté plus tard pour la passerelle piétonne suspendue, plus légère, moins exposée aux forces de frottement de l’eau en cas de crue, et amplement suffisante pour maintenir l’accès des randonneurs et des forestiers à la rive gauche.
De la passerelle de Creisset à l’Oratoire de Saint-Etienne
De la passerelle de Creisset à l’Oratoire de Saint-Etienne
C’est de là, que partait le sentier muletier d’accès principal au village de Creisset. Après avoir traversée la passerelle de bois, l’itinéraire emprunte sur quelques mètres ce qu’il reste de l’ancien pont de pierre. Puis aussitôt il tourne à droite et commence une montée raide SE, sur un sentier caillouteux. Après 170 m, vous arrivez au niveau du panneau : carrefour de la passerelle alt 660 m. A droite le sentier du retour, prendre à gauche plein Sud. Marcher 110 m, passer 2 lacets avant d’arriver devant le panneau Rocher de Valbonette alt 680 m. Il indique à droite le lieu-dit : Chabrières (site d’escalade). Continuer sur un joli sentier en sous-bois et en balcon. Il va parcourir 900 m et de nombreux lacets plein Sud, franchir 110 m de dénivelé. Avant d’arriver devant l’Oratoire de Saint-Etienne.
Entre l’Oratoire de Saint-Etienne et les premières ruines de Creisset
Entre l’Oratoire de Saint-Etienne et les premières ruines de Creisset
L’oratoire est placé dans une courbe du sentier (belvédère sur la vallée de l’ASSE). Il permet une belle vue sur la rivière et les massifs qu’elle a creusé. Puis le sentier revient vers l’intérieur et après deux lacets reprend une directions plein Sud. Marcher 630 m et 60 m de dénivelé avant de passer à gauche d’un chaos de rochers. Derrière vous traversez un talweg à gué très peu alimenté en eau. Après 2 lacets, l’itinéraire quitte une forêt humide et ombragée pour une zone plus ensoleillée. Les feuillus sont remplacés par une végétation mixte, où les conifères dominent. Un peu plus loin, quelques rochers instables se sont détaches pour venir entraver le sentier. Un arbre en a arrêté un dans sa folle descente. Puis ce sont encore quelques lacets qui permettent de gravir ce versant incliné. Avant de rencontrer une des premières ruines en bord de sentier.
Des premières ruines au vieux village : Le Creisset
Des premières ruines au vieux village : Le Creisset
Après les premières ruines, le sentier toujours en balcon ne franchit plus de dénivelé. La forêt et maintenant une pinède de jeunes arbres. L’itinéraire traverse un éboulis (il a dû être formé pendant une période de forts écoulements). A sa sortie une petite source en est le discret témoin. Marcher encore 200 m avant d’arriver devant le panneau : Le Creisset alt 1015 m.
Le Creisset village ruinée
Le Creisset
Creisset village ruinée
Ce site est aujourd’hui entièrement ruiné mais conserve une atmosphère unique, enveloppée par la végétation (aulnes, tilleuls, sorbiers) : Des vestiges de maisons de pierre et de l’ancienne mairie-école. Les ruines de l’église Sainte-Madeleine-et-Saint-Etienne (à noter que ses cloches ont été descendues en 1929 et se trouvent aujourd’hui à l’église de Saint-Auban). L’oratoire Saint-Etienne et l’ancien cimetière. Ruines de l’ancien château féodal qui domine la vallée. Grâce au travail de bénévoles (notamment l’ARDA-HP), certains éléments comme les fontaines et la place du village ont été nettoyés et mis en valeur pour préserver la mémoire des lieux.
Origines
Son nom aurait une racine prélatine (signifiant rocher ou hauteur), ce qui correspond parfaitement à sa configuration en nid d’aigle. Un château fort (castrum Creycello) y est mentionné dès 1330. Le fief a appartenu à de grandes familles de la région, comme les Sade et les Castellane.
Les épreuves
Le village a traversé de nombreuses crises. La peste noire de 1348 y a décimé la population. Plus tard, à la fin du XVIe siècle lors des guerres de Religion, l’église a été saccagée par les protestants avant d’être rebâtie en 1630.
L’apogée et le déclin
Au milieu du XIXe siècle, Creisset était encore une commune vivante et relativement prospère. Elle comptait plus de 160 habitants, une économie basée sur l’élevage ovin et l’agriculture vivrière, et s’est même dotée d’une nouvelle mairie-école en 1860. Cependant, l’isolement, l’exode rural et des glissements de terrain à répétition (notamment un éboulement majeur en 1907) ont poussé les habitants à partir. Les trois derniers jeunes hommes du village ont péri durant la Première Guerre mondiale. Le village s’est vidé définitivement, et les derniers habitants sont partis en 1922. La commune a été officiellement rattachée à sa voisine, Beynes, en 1925.
Du village Le Creisset aux hameaux du Haut et bas Villard
Du village Le Creisset aux hameaux du Haut et bas Villard
Après la visite du village ruiné de Le Creisset, revenir jusqu’au niveau du vieux cimetière, puis jusqu’au panneau Le Creisset alt : 1015 m. Prendre le sentier qui part à gauche du panneau. Il traverse plein Ouest une zone herbeuse (peut-être une ancienne zone de culture du village). Après 100 m il arrive devant le panneau : Carrefour de Creisset alt 1020 m. Sortir à gauche sur une piste forestière. Marcher 280 m avant d’arriver sur une esplanade qui abrite une cabane restaurée et une ruine à l’arrière. Un panneau descellé appuyé sur un arbre indique : Le haut Villard alt 1030 m. Continuer sur la piste qui descend plein Sud. Puis après 260 m, quitter la piste, traverser une prairie, vous arriver sur un espace de prairies (Le Bas Villard). Une seule ruine est positionnée au milieu d’un verger reconstitué.
Entre le Bas Villard et la Chapelle Saint-Etienne
Entre le Bas Villard et la Chapelle Saint-Etienne
Au niveau du Bas Villard, la vue est large. Au Sud, une dorsale en forme de crête de dinosaure se dirige vers le village du Poil. Tendis qu’au NE, la très belle Barre de Chaudun s’étire jusqu’à rencontrer la Barre des Dourbes jusqu’au pied du Couard. Le retour va emprunter à l’envers le même itinéraire jusqu’au panneau : Carrefour de Creisset alt 1020 m. De là, une large piste caillouteuse va se diriger NE au pied du massif de l’Adrech de la Colle. Après 1.3 km et 120 m de dénivelé positif, elle atteint le point haut de la randonnée : 1145 m. Continuer plein Ouest sur 450 m et 25 m de dénivelé négatif. Avant d’arriver dans une boucle à gauche. Là, un panneau fixé sur un arbre indique Chapelle Saint Etienne. Descendre et passer devant le panneau pour trouver une petite sente raide qui permet de monter jusqu’à l’édifice.
La Chapelle Saint-Étienne
Chapelle Saint-Étienne
La Chapelle Saint-Étienne, est un édifice religieux à part entière, distinct de l’église paroissiale en ruines qui se trouve au cœur même du village de Creisset. C’est un site secret et impressionnant, particulièrement apprécié des amateurs de vieilles pierres et d’histoire locale.
Une situation géographique spectaculaire
La chapelle se situe à un peu plus de 1 010 mètres d’altitude, au nord du village ruiné de Creisset (sur le territoire communal actuel de Beynes, mais dominant la vallée de l’Asse face à Chaudon-Norante). Elle est bâtie de façon spectaculaire sur un piton rocheux très escarpé, isolé et sauvage. Les historiens locaux, comme Daniel Thiery, avancent qu’il pourrait s’agir à l’origine d’un ancien ermitage médiéval, choisi par un anachorète (un ermite) retiré du monde, qui aurait joué un rôle dans la christianisation précoce du terroir de Creisset.
Éléments historiques et architecture
La structure globale de l’édifice, avec son plan allongé à nef unique et son abside en cul-de-four (en forme de quart de sphère), remonte à l’époque médiévale, probablement autour du XIIe siècle. Les fresques de plantes médicinales : C’est la grande particularité artistique de cette chapelle. À l’intérieur, le chœur conserve des restes de peintures murales (vraisemblablement du XVIIIe siècle) représentant des reproductions sinueuses de plantes médicinales, réalisées dans des teintes d’ocre, de brun et de rouille. Malheureusement, le temps et l’humidité effacent progressivement ces témoignages uniques.
Sauvetage et dégradation
La chapelle a connu une histoire mouvementée. Tombée en ruines et sans toiture, elle a fait l’objet d’une campagne de restauration durant l’hiver 2005-2006 (remontage de la porte sud en pierres de taille, consolidation des élévations en calcaire et tuf, et pose d’une nouvelle toiture en tuiles creuses lestées de pierres pour résister aux vents violents de la montagne). Malheureusement, en raison de son isolement, la végétation (notamment des ronces denses) a tendance à en bloquer régulièrement l’accès intérieur.
Comment l’intégrer à une randonnée ?
Pour l’admirer, la chapelle Saint-Étienne s’intègre parfaitement dans une extension de la boucle classique de Creisset. Lorsqu’on effectue la randonnée qui monte depuis la passerelle de Creisset (sur la RN 85), on dépasse le village fantôme pour monter vers le hameau en ruines du Haut-Villard. De là, au niveau du carrefour des Rouvières ou en basculant vers le sentier non balisé qui redescend vers le col des Chandres, on contourne le piton rocheux où trône la chapelle. Une petite sente raide permet de monter jusqu’à l’édifice pour profiter d’un panorama exceptionnel sur la vallée de l’Asse, la clue de Chabrières et le Castel-Haut de Norante.
De la Chapelle Saint-Etienne au panneau : Col des Chandres alt 1034 m
De la Chapelle Saint-Etienne au panneau : Col des Chandres alt 1034 m
Sous la Chapelle, reprendre à l’envers l’itinéraire emprunté à l’aller jusqu’au point haut de la randonnée. Puis après 170 m, trouver un sentier qui descend à gauche (Suivre trace GPS). A partir de là et pendant un moment, l’itinéraire va descendre en sous-bois sur un sol recouvert d’herbe. Aucun sentier n’est visible. Quelques balisages sauvages bleues peints sur des troncs d’arbres vous indiquent que vous êtes au bon endroit. Après 600 m et 100 m de dénivelé négatif, l’itinéraire débouche sur une clairière. Descendre sur un chemin qui arrive à droite depuis Le Creisset. Prendre à gauche et descendre plein Sud en suivant une haute clôture par la gauche. après 360 m et 16 m de descente vous traversez un ravin. Là, le dénivelé s’inverse et après 400 m et 45 mètres de dénivelé positif, vous arrivez devant le panneau : Col des Chandres alt 1034 m.
Du panneau Col des Chandres au point de départ
Du panneau Col des Chandres au point de départ
A partir du col des Chandres, vous allez retrouver la fraicheur du matin. l’itinéraire qui s’oriente plein Sud va descendre dans le ravin de la Valbonette. A plusieurs reprises vous aurez des vues sur le massif rocheux dit : La Valbonette. Là, ce ne sont plus les conifères qui dominent, mais une variété de feuillus aux tailles différentes. Quelques passages sont même encombrés un court moment. Puis après 1.9 km et 230 m de descente, l’itinéraire dans une épingle à droite, va reprendre une orientation SE. La végétation est moins dense, et plutôt Méditerranéenne. Tout en gardant un sol herbeux et frais, peut-être en raison de la proximité de l’ASSE qui n’est plus très loin. En face de belles vues sur la barre de Chaudun, vont vous accompagner presque jusqu’au panneau : Carrefour de la passerelle. Où le sentier emprunté au départ, vous conduira jusqu’au point de départ.







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